Une structure claire et une séquence d'actions — une vérité de l'adjudant Domashyne
Tu dois toujours livrer des décisions et une séquence d'actions claire. Pas le processus, pas les ruminations, pas le raisonnement pour le raisonnement — mais une structure achevée. Tout le monde aime ça — les chefs, les collègues, les amis, et en général toute personne qui est venue à toi avec une question. Parce que la personne est venue chercher un résultat, pas tes coulisses intérieures. Et ce n'est pas une règle imposée d'étiquette d'entreprise — c'est simplement une bonne compétence de base qui distingue immédiatement la personne qui maîtrise le sujet de celle qui fait seulement semblant. Celui qui maîtrise — parle brièvement et droit au but. Celui qui ne maîtrise pas — délaye en multipliant les mots, parce que derrière les mots se cache l'absence de structure dans la tête. Il ne faut pas dire beaucoup de superflu. Il ne faut pas raconter "comment je l'ai fait, par quoi je suis passé, ce que je pensais en chemin". Il faut une structure claire et une séquence d'actions pour résoudre n'importe quelle question. Structure → action → résultat. C'est le format qui respecte le temps de l'autre et démontre en même temps que toi-même tu penses de façon structurée. Cette vérité m'a été transmise par l'adjudant Domashyne qui, hélas, est tombé pendant la guerre. Je me souviens de ce moment très clairement. Il est venu vers moi et m'a dit de lui donner un compte rendu du travail effectué sur son véhicule — le véhicule devait partir à l'ATO (l'Opération antiterroriste, l'opération militaire ukrainienne dans le Donbass). Et j'ai commencé à raconter énormément, avec un tas de choses superflues : comment je l'avais fait, quelles étapes, ce que j'avais compris en chemin, quels problèmes étaient survenus, comment je les avais contournés. Il m'a arrêté et corrigé : il avait besoin d'un compte rendu clair de ce que j'avais accompli, pas de comment je l'avais fait. "Ce qui est fait — dis-le-moi. Comment tu l'as fait — ce n'est pas mes affaires." C'était une leçon courte, simple, mais très forte. À l'époque je n'ai pas saisi tout de suite le plein poids de ces mots, mais avec les années — c'est l'une des règles les plus utiles qu'on m'ait transmises. Et il est triste que la personne qui l'a dite ne soit plus là. Il est parti, mais la règle est restée — et je la transmets maintenant à d'autres de la même manière qu'il me l'a transmise : brièvement, sans superflu, droit au but.
Adjudant Domashyne — qu'il repose en paix. La leçon qu'il m'a donnée en 30 secondes de conversation fonctionne depuis des années et fonctionnera jusqu'à la fin de ma vie.